Economie

Un économiste demande à la Fed de réduire sa communication pour stabiliser les marchés



WASHINGTON – L’économiste de renom Mohamed El-Erian a fait part de ses inquiétudes concernant les pratiques de communication de la Réserve fédérale, notant que l’évolution de la banque centrale vers une plus grande transparence et des communications détaillées a involontairement accru l’instabilité et la volatilité des marchés. Cette observation intervient alors que la Fed a intensifié son engagement public, avec 11 responsables prononçant un total de 20 discours en une seule semaine, ce qui a entraîné des réactions accrues du marché, en particulier lors des conférences de presse du Comité fédéral de l’open market (FOMC) présidées par Jerome Powell.

La Réserve fédérale, sous la direction de Ben Bernanke et sous celle de Jerome Powell, s’est éloignée du “Fedspeak”, traditionnellement vague, rendu célèbre par Alan Greenspan. L’objectif d’accroître la transparence comprenait la mise en place de conférences de presse après le FOMC à partir de 2011, la publication des prévisions individuelles des membres du FOMC et l’augmentation des interactions avec les médias. Toutefois, ce changement a été critiqué pour avoir semé la confusion et l’incertitude parmi les investisseurs, comme en témoignent les turbulences du marché à la suite des revirements de discours du président Powell.

Des recherches récentes soulignent l’importante volatilité des marchés observée lors des conférences de presse de M. Powell, suggérant que l’approche de la Fed en matière de communication pourrait devoir être réévaluée. Les experts préconisent une révision des stratégies de communication de la Fed afin de réduire les bruits inutiles et de se concentrer sur la cohérence des messages stratégiques.

Pour renforcer la responsabilité de la politique monétaire tout en préservant l’autonomie politique indispensable à son efficacité, il a été suggéré d’améliorer les auditions du Congrès en interrogeant le président de la Fed deux fois par an. Mettre l’accent sur la prudence dans les discussions publiques concernant les données économiques sensibles pourrait également contribuer à atténuer les fluctuations du marché. Ce conseil fait écho à celui, historique, d’Aaron Burr, qui préconisait de “parler moins”, invitant la banque centrale à envisager une approche plus modérée du dialogue avec le public et les marchés.

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